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L'association AEK - 5) L'histoire au présent

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L'histoire au présent

La benne à ordures occupe toute la rue en face du 17 rue Pontrique à Bayonne et les pompiers y déversent les décombres calcinés qu'ils extraient de l'immeuble noirci. Il est 9 heures du matin ce 19 juin 2001 et les permanent-e-s d'AEK assistent abasourdis à la scène. Matériel pédagogique, bibliothèque, fichiers, photocopieurs, ordinateurs, archives, affiches, tout est amené vers la décharge. Il ne leur reste même plus un stylo. Une catastrophe. Dans la nuit, suite à une querelle de voisinage, l'incendie volontaire d'un scooter garé dans l'entrée s'est propagé à tout l'immeuble. Les locataires n'ont dû leur salut qu'à l'intervention rapide des pompiers qui les ont évacués par la grande échelle, l'escalier étant en flammes. Les locaux d'AEK au rez-de-chaussée et au premier étage sont entièrement détruits.

Incrédulité, découragement, colère, maelstrom de sentiments dans les heures qui suivent pour les membres d'AEK. Et puis s'organiser, faire face. Les permanents s'en vont fouiller les décombres, récupèrent des kilos de papiers noircis et imbibés d'eau, pour la plupart inutilisables mais il est difficile de se résigner à leur perte. Deux ordinateurs sont extraits des gravas. Le disque dur de l'un d'eux sera sauvé. Un appel à la solidarité est lancé auquel répondront plusieurs associations, des membres des Gau Eskola ou des anonymes : ordinateurs, fax, mobiliers sont donnés ou prêtés permettant à l'association de redémarrer rapidement son activité et notamment les stages d'été. Les assurances couvriront les pertes matérielles et une subvention exceptionnelle permettra de reconstituer le fond documentaire détruit. Si le matériel pédagogique présent dans les Gau Eskola, est rapidement reconstitué, il n'en sera pas de même des archives d'AEKantuz, Korrika, AEKeguna et de toutes les activités de la fédération au moins jusqu'à sa période d'informatisation en 94/95. C'est la mémoire d'AEK qui est partie en fumée. Le siège d'AEK sera transféré à la place Saint André où il restera pendant deux ans avant de s'installer au 2 bis rue des Visitandines, toujours dans le même quartier du Petit Bayonne et en attendant d'aller.. à Las Vegas.

A la recherche d'un local

La Gau Eskola de Bayonne n'a jamais disposé de ses propres locaux à la différence d'autres euskaltegi importants de la Côte comme Hendaye ou Saint Jean de Luz qui ont bénéficié de locaux prêtés par la municipalité. Pendant plusieurs années les cours étaient dispatchés dans les différents quartiers de la ville et se déroulaient dans les écoles primaires ou les MJC. Une volonté délibérée aussi de l'association à ses débuts de quadriller la ville, d'être au plus prêt des gens pour donner une assise populaire au mouvement de rebasquisation. Au début des années la Gau Eskola récupère la gestion du Biltxoko de la rue Marsan, local associatif pour la culture basque ouvert depuis 80 par des parents d'ikastola. Il permet d'avoir un lieu de rencontre pour organiser diverses animations ainsi que d'assurer des rentrées financières pendant les fêtes de Bayonne. Pourtant cela ne suffit pas et l'embauche d'un premier permanent en 95 oblige à chercher des solutions.

Après plusieurs demandes restées infructueuses auprès de la mairie un local est loué à la rue de la Salie inauguré en février 93 après plusieurs mois de travaux. Il s'avèrera rapidement trop exigu puisque les effectifs de la Gau Eskola se montent à plus de 200 élèves en 95. L'assemblée générale d'AEK en Iparralde décide donc en juin 96 de demander à la direction nationale d'AEK de débloquer des fonds pour l'achat d'un local adéquat. La demande est acceptée et les membres de la Gau Eskola se mettent à la recherche d'un local à vendre. Plusieurs études seront réalisées sur des immeubles du centre ville et parfois des négociations engagées, comme celles pour l'achat de l'ancien commissariat à la rue Jacques Lafitte en 97. Elles échoueront jusqu'en octobre 2000 où AEK se portera enfin acquéreur des édifices numéros 20 et 22 de la rue Marengo. Le 22 abrite un bar, club de billard et jeux vidéos, dénommé Las Vegas ! C'est de là que sera organisée la journée de fête populaire suivant l'arrivée de la 12ème Korrika en avril 2001. C'est là aussi que la fédération installera un bivouac provisoire après l'incendie de juin.

L'immeuble en partie abandonné, dispose d'une surface qui permet d'envisager de regrouper l'euskaltegi sur deux étages avec douze salles de cours, le Biltxoko en rez-de-chaussée ainsi que les bureaux de la fédération au troisième étage. Un concours sera réalisé pour désigner un cabinet d'architecte et le projet de rénovation sera débattu pendant plusieurs mois afin de répondre au mieux aux besoins de la Gau Eskola et de la fédération. Les démarches pour obtenir permis et autorisations seront laborieuses et usantes, l'immeuble étant situé dans le secteur sauvegardé dont les responsables s'intéressent manifestement plus aux pierres qu'aux personnes vivant et travaillant dans le centre... Les difficultés financières d'AEK suite aux procédures judiciaires entreprises par le juge Garzon à Madrid, retarderont la rénovation de l'immeuble prévue finalement pour l'année 2005. A n'en pas douter, il constituera alors un formidable outil pour poursuivre l'action d'AEK en Pays basque Nord.

La partie reste à jouer

Les évènements politiques majeurs de ces dernières années sont connus. Au printemps 2002 Chirac gagne les présidentielles et dans la foulée la droite emporte la majorité au Parlement. Raffarin engage le chantier de la décentralisation en réunissant des assises itinérantes dans toutes les régions. Le mépris affiché à cette occasion envers les revendications spécifiques et déjà anciennes du Pays basque provoque une nouvelle mobilisation et une convergence inédite de plusieurs secteurs d'où sortira la plate-forme BATERA en décembre 2002. Syndicats, élus, mouvements et associations diverses ayant bataillé séparément depuis presque une décennie, qui pour une chambre d'agriculture, qui pour l'officialisation de l'euskara, le département Pays basque ou une université de plein exercice, décident de s'unir et de mener tous ensemble le combat pour leurs revendications désormais communes.

Pour chacun des secteurs c'est un pari et un saut qualitatif par le fait d'assumer des revendications autres que celle de son domaine d'activité. C'est ainsi le cas pour les associations regroupées au sein d'euskalgintza de même qu'une avancée importante puisque la base sociale qui demande un statut légal pour la langue basque s'élargit d'un seul coup. Cette question se trouve d'ailleurs en tête de l'agenda des responsables politiques. Elle est au menu des visites ministérielles en Pays basque et des rencontres parisiennes avec les députés basques. Le Biltzar des maires s'engage en septembre 04 à faire voter des motions pour une modification de la Constitution et l'adoption d'une loi linguistique. Des évolutions importantes se profilent avec notamment la création d'un outil institutionnel pour définir et mettre une place une politique linguistique en faveur de la langue basque. C'est l'Office public pour l'euskara regroupant les différents niveaux institutionnels, ayant son propre budget et intégrant le conseil de la langue en tant qu'instance consultative regroupant les acteurs de la société civile. Aura-t-il des moyens suffisants et existera-t-il une volonté réelle pour le faire fonctionner ? L'expérience des années écoulées incite à la prudence comme par exemple les conflits à répétition lors de chaque rentrée pour l'obtention des postes dans les différentes filières qui enseignent le ou en basque. Disons que le trinquet est à peu près construit. Reste à jouer la partie et à la gagner.

Les mairies s'engagent

Les acteurs associatifs regroupés au sein d'Euskal Konfederazioa sont prudents par expérience et savent bien que pour avancer il faut avoir plusieurs fers au feu. Ils savent notamment que sans reconnaissance légale de la langue basque aucune politique sérieuse ne peut être mise en place. Lors de la dernière campagne DEIADAR en juin 2000 ils ont lancé un appel pressant aux élus du Pays basque : " l'avenir de l'euskara est entre les mains des élus du Pays basque bien plus que dans celles des décideurs parisiens. "Aide de toi et le ciel t'aidera" dit un adage bien connu. La société civile l'a compris et appliqué depuis longtemps mais elle ne peut seule faire face à la situation. Les décisions politiques, les moyens financiers nécessaires pour un aménagement linguistique sérieux ne sont pas de son ressort. Pour cela l'engagement concret des élus est indispensable. "

A partir de mars 2002, afin d'avancer concrètement vers une officialisation de fait de l'euskara, Euskal Konfederazioa propose aux municipalités de signer une convention prévoyant un plan de normalisation linguistique. Ce plan comporte plusieurs chapitres et notamment l'apprentissage du basque ou le perfectionnement par le personnel communal sur leur temps de travail. C'est une nouvelle opportunité pour la ré appropriation de la langue basque et pour AEK, un nouveau défi.

L'objectif de cet apprentissage étant pour les personnes concernées l'utilisation du basque dans leur travail ou leur relation avec le public, l'enseignement dispensé, la méthodologie utilisé et le vocabulaire enseigné devront être spécifiques. De plus il faudra avant la formation faire un diagnostic précis des compétences linguistiques de chaque personne et de ses besoins en fonction de son poste de travail. AEK assure déjà des cours standards aux employés communaux de la ville de Biarritz mais là, il s'agit de mettre en place une nouvelle activité regroupant enseignants, didacticiens et gestionnaires qui sera surnommé FBI au sein de l'association. AEK dispose déjà d'une solide expérience en la matière en Pays basque Sud et a mis au point en coopération avec une entreprise informatique un logiciel d'analyse des compétences et des besoins pour proposer des formations aux entreprises qui veulent introduire le basque dans leur fonctionnement. En février 2004, quatre groupes de niveau différent regroupant 22 employé-e-s des communes de Itxassou, Sare, Ascain, Saint Pée et Espelette démarrent leur formation. Ils sont rejoints en septembre par deux groupes à Hendaye.

Le CNFPF fait de la résistance

Tout cela coûte de l'argent aux municipalités et les formations en langue étant de longue durée, le risque est grand qu'elles s'arrêtent faute de financement. Un verrou existe, qu'il faudra faire sauter. Le CNFPT gère la formation du personnel des Collectivités territoriales. Depuis une douzaine d'années des demandes ont été faites par des employés, AEK ou même des municipalités comme celle d'Hendaye pour que des formations de basque puissent être financées. Rien n'y a fait jusqu'à présent. Pourtant les choses pourraient bouger rapidement. Le syndicat intercommunal de soutien à la culture basque en la personne de son président Vincent Bru emmène une délégation qui rencontre les instances régionales du CNFPT en septembre 04. Réponse en attente qui conditionnera fortement le développement des formations du personnel communal dans les années à venir. Euskal Konfederazioa quant à elle, a déjà préparé un plan sur 5 ans pour proposer les conventions à l'ensemble des communes du Pays basque Nord, plan qu'elle compte bien soumettre pour financement au tout nouvel Office de la langue.

Le Conseil général suit le mouvement

Preuve que décidément les mentalités évoluent, le Conseil général propose pour la rentrée 2004 à ses employé-e-s qui le désirent, de suivre des cours de basque trois heures par semaine dont la moitié sur leur temps de travail. Un premier sondage fait apparaître une demande importante puisque 155 personnes parmi les différents services se déclarent intéressées dans tout le département. Une enseignante est embauchée pour assurer les cours débutants et un contrat est signé avec AEK pour prendre en charge deux groupes de perfectionnement, ainsi que l'organisation de trois stages en week-end au cours de l'année.

AEK dans le cadre de la Convention spécifique

Il y a loin de la coupe aux lèvres. C'est un peu ce que ressentent les membres d'AEK après la signature de la Convention spécifique à la fin 2000. Pour AEK aussi c'est la reconnaissance officielle attendue et tant revendiquée puisque la convention qui sera signée avec les institutions (Etat, Région et Département) réaffirme plusieurs principes :

  • L'importance qu'accordent les institutions à la sauvegarde et au développement de la langue basque.
  • La nécessité de promouvoir l'enseignement de la langue aux adultes pour notamment développer l'utilisation du basque dans la vie quotidienne.
  • Le soutien à l'enseignement dispensé par l'association AEK.

Sentiment doux amer cependant chez les membres de la fédération après tant de péripéties épuisantes. L'éditorial d'AEKazeta de juin 2002 souligne que :

"...Si la lenteur avec laquelle les choses se sont mises en place " gâche fortement la plaisir " et efface la sensation d'une réelle avancée, il faut prendre la juste mesure de l'événement sans triomphalisme inconsidéré ni scepticisme forcené. Il faut savoir valoriser nos avancées, c'est bon pour le moral, et les expliquer à tous les membres de l'association et au-delà à tout notre entourage : publics divers, milieu associatif, élus municipaux. Si tous les problèmes ne sont pas résolus et si les aides financières restent limitées, cette Convention doit servir de point d'appui pour nous permettre d'aller plus loin dans nos objectifs... "

La décision politique est prise, les financements sont actés pour une durée de 6 ans (1 M de FF pour " la professionnalisation des opérateurs en formation continue "). Mais reste à inventer le bon " tuyau " car la ré appropriation d'une langue minorisée et donc l'action d'AEK sont atypiques pour l'administration. Il faudra encore un an et demi de discussions, rendez-vous, propositions et contre- propositions pour arriver à mettre en place la procédure qui octroie les financements publics à l'enseignement du basque aux adultes. La Région ayant compétence pour la formation professionnelle, une première approche est entamée en été 2001 pour intégrer les formations proposées par AEK dans le PRF (Plan régional de formation). Mais l'affaire capote et il faut trouver autre chose. Les techniciens de la maîtrise d'Ouvrage publique proposent alors d'adapter pour l'enseignement du basque une procédure récemment crée pour lutter contre l'illettrisme : les Ateliers de formation de base. Les contraintes sont rigides et remettent en cause la philosophie de la fédération en créant notamment des conditions financières différentes suivant les lieux d'apprentissage. AEK fait une contre-proposition acceptée par les partenaires institutionnels. Les Ateliers de formation de base en langue basque (AFBLB) sont nés.

La nouveauté majeure consiste en ce que les 90 premières heures du niveau débutant (soit un semestre de cours) seront gratuites. Chaque année AEK présentera à la Maîtrise d'ouvrage une évaluation prévisionnelle du nombre de groupes de débutants qui démarreront lors de la prochaine rentrée. Un financement pour le nombre d'heures/groupe sera alors accordé et versé pour une part avant le début des cours et pour le reste après, en fonction des heures effectivement réalisées. Cela oblige l'association à mettre en route des nouvelles habitudes de travail, des procédures de contrôle plus strictes. Un changement culturel aussi dans les Gau Eskola où le travail administratif a souvent été considéré comme de la paperasserie sans grand intérêt, surcharge de travail inutile. Le dispositif AFBLB sera appliqué à la rentrée 2002 et reconduit depuis. Deux fois par an un comité de pilotage réunit les responsables d'AEK et les techniciens de la Maîtrise d'Ouvrage publique pour suivre la démarche pas à pas. La création de l'Office public pour l'euskara gérant son propre budget modifiera sans doute la donne et parmi les défis qu'il aura à relever figurera en bonne place celui d'un financement global de l'enseignement aux adultes, à l'instar de ce qui se fait dans la Communauté Autonome.

Parallèlement des aides sont accordées dans le cadre de la Convention spécifique pour la formation des enseignant-e-s et au titre du contenu culturel de l'enseignement. Enfin la Région par le biais de l'ADEPFO finance une formation-développement dont le contenu a été défini en fonction des besoins d'AEK. Fonctionnement du secteur de la formation aux adultes, réponses aux attentes du public, communication interne et externe sont quelques-uns uns des thèmes de cette formation que suivent courant 2004 une trentaine de membres de l'association, salariés ou bénévoles.

Evoluer, s'adapter, inventer

L'activité d'AEK tout en restant la même dans ses objectifs stratégiques : redonner de l'oxygène à l'euskara en transformant le maximum de personnes adultes en locuteurs actifs ou faute de mieux en bilingues passifs, a profondément changé au cours de ses 24 ans d'existence. Et les évolutions qui se dessinent amènent la fédération à s'adapter et à inventer en permanence de nouvelles réponses, méthodes et moyens pour remplir sa mission. Les demandes du public évoluent aussi. Plusieurs entités de nature différentes se posent la question de leur participation à la ré appropriation de la langue basque, suite notamment à la démarche Bai Euskarari, formidable outil de conscientisation des différents secteurs de la société basque et s'adressent à AEK pour assurer des cours à leurs membres, leurs adhérents ou leurs salariés. Gageons que dans les prochaines années si les cours dans les Gau Eskola restent le tronc principal de l'activité d'AEK, les groupes spécifiques vont se multiplier.

La recherche et la production de matériel pédagogique sont incessante au sein de la fédération, au niveau national comme en Pays basque Nord. Après l'adaptation de la méthode Ahoz Aho qui a pris plusieurs années, d'autres outils sont déjà disponibles : Nazio materiala, Helburu berriak, qui approfondissent et affinent un peu plus la méthode d'apprentissage communicative de l'association.

D'autres initiatives se développent parallèlement ces dernières années comme Mintza Laguna ou l'auto apprentissage. La première consiste à former des binômes entre des personnes bascophones et des personnes apprenantes pour assurer une heure de conversation par semaine. Intermédiaire entre le cours formel et les situations de la vie réelle, ces rencontres offrent aux apprenant-e-s un espace protégé pour améliorer la pratique de la langue. Mintza laguna permet aussi d'inciter les bascophones qui ne peuvent ou ne veulent pas tou-te-s être enseignant-e- à participer au processus de rebasquisation. Dans le même esprit le guide des commerçants bascophones de plus de 50 communes sera réédité en 2003.

L'auto apprentissage consiste à mettre à disposition du public une salle informatique équipée de logiciels d'apprentissage du basque où chacun-e pourra venir travailler à son rythme et à son niveau en bénéficiant de la présence d'un formateur qui pourra à tout moment répondre à ses questions. Une première expérience de ce système en plein développement au Pays basque Sud a démarré en octobre 2003 à Saint Palais.

Photo de groupe

En 2004 1012 personnes sont inscrites dans l'une des 16 Gau Eskola du Pays basque Nord. Qui sont elles ? 47 % sont des hommes et 53 % des femmes. 41 % d'entre elles sont débutantes. Si la classe d'age la plus nombreuse est celle des 25-35 ans représentant 29 % des effectifs, la moyenne d'age est de 40 ans. 43 % des élèves sont nés hors du Pays basque dont plus d'une centaine arrivés depuis moins d'un an et une autre centaine depuis moins de 5 ans.

Les personnes sans emploi sont 18 %, les étudiants 4 %, les retraités 15 % et les personnes ayant une activité professionnelle 63%. Leurs motivations principales sont de pouvoir communiquer avec les bascophones et de mieux appréhender la culture basque. Interrogés sur les objectifs qu'ils se donnent en s'inscrivant dans une Gau Eskola, c'est la réponse " je veux m 'exprimer simplement avec des amis " qui est la plus souvent citée (62 %) et en second " je veux pouvoir m'exprimer aussi bien en basque qu'en français " (42 %).

En cette fin 2004 AEK poursuit sa route. Bilan des stages d'été, campagne de rentrée, formations des nouveaux enseignants, inscriptions des élèves. Le travail de l'association est comme un marathon. De longue haleine car la tâche est immense. Sans s'arrêter car il y a urgence. Mouvement collectif où si personne n'est indispensable, l'implication de chacun-e est nécessaire. A l'image de la korrika qui lui colle si bien à la peau. Une cinéaste s'est intéressée à l'événement et a réalisé pour la troisième chaîne française un film sur la 13ème édition partie en 2003 de Mauléon qui sortira en février 2005, bon prélude à la 14ème édition. Les préparatifs de la manifestation sont déjà bien avancés, le parcours fixé, l'hymne enregistré, le slogan défini : " Euskal Herri euskalduntzen. Ni ere baiRebasquiser le Pays basque. Et moi aussi ". On ne peut trouver meilleur résumé de l'action des Gau Eskola !

Pour conclure

En 24 ans d'existence la fédération des Gau Eskola en Pays basque Nord a réalisé un travail immense. Son caractère militant et ses prises de positions revendicatives lui ont longtemps conféré une réputation un peu sulfureuse auprès de certains. Pour d'autres elle bénéficiait d'une image sympathique. Mais tous peinaient à lui reconnaître sérieux et professionnalisme. C'est cette reconnaissance qu'elle aura gagnée auprès de la population comme des Pouvoirs publics sans rien renier de ses principes, par la persévérance de son action et le travail souvent anonyme des tou-te-s ses membres .

Que l'histoire racontée dans ces quelques pages leur rende un hommage mérité !

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